Choisir son huile essentielle

L'homme a, de tout temps, utilisé les plantes pour se soigner. Elles contiennent en effet des principes actifs qui peuvent agir sur un organe, une région douloureuse, des bactéries, etc. En extrayant de ces plantes leurs composés aromatiques on dispose d'une essence particulièrement riche en molécules actives. Mais attention, ces composés sont extrêmement concentrés et doivent être utilisés avec précautions.

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L'huile essentielle est un extrait liquide concentré et hydrophobe (ne se mélangeant pas avec l'eau), des composés aromatiques (odoriférants) volatils d'une plante. Cette essence végétale est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des différentes parties des plantes aromatiques (fleur, feuille, bois, racine, écorce, fruit, etc.) ou par expression à froid (essentiellement pour les zestes d'agrumes). Une huile essentielle est donc l’essence distillée de la plante aromatique, et elle contient des molécules terpéniques et aromatiques très volatiles particulièrement actives sur le métabolisme humain. 

Chaque plante a ses spécificités

• Chaque huile essentielle a un chémotype, à savoir un composant biochimique, majoritaire ou distinctif, qui lui confère une propriété particulière. 
• Seules doivent être utilisées les huiles essentielles chémotypées, cette indication H.E.C.T., leur assurant une classification biochimique. 
• Cette classification peut en effet varier, au sein d'une même famille végétale, car de nombreux facteurs peuvent influencer la composition de l’huile essentielle : les conditions de vie spécifiques de la plante, le climat, le sol, l’exposition, l'altitude, la période de récolte, etc.. 
• Pour toute huile essentielle, l’espèce botanique doit donc être clairement identifiée : avec le nom usuel de la plante et surtout sa dénomination latine qui permet de reconnaître la variété exacte au sein de l’espèce botanique et éviter ainsi des confusions. Ainsi, le romarin originaire de Provence s'avère riche en camphre (Rosmarinus officinalis s.b.), celui de Corse possède deux molécules spécifiques, l'acétate de bornyle et la verbénone (Rosmarinus officinalis), celui du Maroc comporte plus d'eucalyptol (Rosmarinus officinalis s.b.). 

Une étiquette détaillée 

Tout flacon doit être doté d'une étiquette lisible comportant certaines indications qui permettent d’utiliser l’huile essentielle en connaissance de cause et d’éviter les risques d'allergies ou d'intoxicati
L'étiquette doit donc comporter : 
• le nom usuel et en latin de la plante 
• le chémotype de la plante (constituants biochimiques majoritaires) 
• la partie du végétal concernée (feuilles, fruits, péricarpes, rameaux, écorce, bois, sommités fleuries, fleurs, racines ou semences produisent des huiles essentielles différentes qui n’ont pas le même usage) 
• la garantie « Huile Essentielle 100 % pure et naturelle » (à savoir huile non diluée, non déterpénée, non rectifiée ou reconstituée) 
• le numéro de lot (traçabilité du produit) 
• l’origine géographique (option) 
• la date limite d’utilisation après ouverture 
• les coordonnées du fabricant 
• la contenance 
• lorsqu’elle est issue de l’Agriculture biologique, le nom de l’organisme certificateur. 

Les modes d'administration 

Les huiles essentielles s'utilisent principalement de trois manières différentes : 
• par voie orale : elles sont ingérées, obligatoirement diluées, jamais pures, dans une autre huile, dans une tisane chaude où elles auront tendance à surnager car non solubles). Elles peuvent également être absorbées sous forme de teinture-mère. 
• par voie cutanée, pures ou diluées, avec ou sans massage, elles pénètrent très bien dans la peau et agissent en profondeur dans l’organisme. 
• par diffusion, à l'aide d'un diffuseur ou brumisateur adapté ou sur un tissu ou un galet 
• par inhalation à l'aide d'un inhalateur à raison de 2 à 3 gouttes pour l’équivalent d’un bol d’eau

 Comme compléments cosmétiques  
Certaines huiles essentielles peuvent être incorporées dans les soins minceur, anti-âge, purifiants, apaisants, cicatrisants… Certaines sont également plus adaptées à certains types de peau ou de cheveux. 
• Ajoutées à une huile végétale, une émulsion (crème, lait), un masque, un gel douche, un baume, un shampooing, les huiles essentielles s'incorporent de préférence à froid, en fin de préparation. 
• Dans les gels et lotions aqueuses, les huiles essentielles doivent être préalablement ajoutées à un dispersant.

 Dosage pas facile  
• S'agissant de l'utilisation des Huiles essentielles, la posologie varie de une à quelques gouttes. Raison pour laquelle, les flacons sont dotés d'un bouchon compte-goutte. Mais attention, le volume d'une goutte diffère d'un comptegoutte à l'autre, d'un fabricant à l'autre (Pranarom, Aromazone, etc). De plus, le nombre de gouttes pour 1 ml d’huile essentielle dépend aussi de la viscosité de l’huile. 
Au final, sachant que les huiles essentielles ont une densité proche de 0,9 : 
1 ml (ou 1cc, ou 1cm3) d'HE = entre 25 gouttes (huiles peu fluides) et 35 gouttes (huiles très fluides) d'huiles essentielles = entre 0,6 et 0,9 grammes

Une dilution selon l'utilisation

 - 1% H.E. = action dermocosmétique 
 - 3% H.E. = action réparatrice tégumentaire, solution nasale, auriculaire, vaginale 
 - 5% H.E. = action sur le système nerveux (gestion du stress, bienêtre, etc.) 
 - 7% H.E. = action circulatoire, sanguine et lymphatique 
 - 10% H.E. = action musculaire, tendineuse et articulaire ; action systémique pour les peaux hypersensibles ; solution pour les H.E. irritantes (cannelles) 
 - 15% H.E. = action sport et compétition 
 - 20% H.E. = action systémique pour les peaux sensibles (bébés), solution pour les H.E. dermocaustiques (H.E. à phénols et à aldéhydes) 
 - 30% H.E. = action locale très puissante (antiparasitaire, etc.) 
 - 50% H.E. = si le thérapeute hésite à l'emploi à l'état pur 
 - jusque 99% H.E. = action générale avec des huiles essentielles sans aucun risque (Ravintsara par exemple)

 Les huiles support  
Les huiles essentielles sont souvent diluées dans : 
- pour ingestion : huile de noisette, de macadamia, de jojoba 
- pour massage : huile d'amande douce, d'avocat, de monoï. À noter : plus l'huile essentielle doit pénétrer profondément plus son excipient huileux devra être fluide.

Des précautions importantes à prendre 

L'aromathérapie n'est une méthode douce. Elle fait usage d'extraits très concentrés qui peuvent occasionner des effets secondaires s'ils ne sont pas utilisés à bon escient par des personnes capables d'en maîtriser les propriétés et les toxicités. Par précaution : 
- évitez d'utiliser des HE pendant une grossesse 
- lavez-vous les mains après une application cutanée ou un massage avec des HE 
- n'injectez jamais d'HE par voie intraveineuse ou intramusculaire 
- n'utilisez que des HE de haute qualité (100% pures et naturelles) et de marque connue 
- ne laissez pas les flacons à la portée des enfants. 
- faites des tests préalables en cas d’hypersensibilité ou de terrain allergique (étendez 1 à 2 gouttes de l’huile essentielle dans le pli du coude, patientez 10 minutes, constatez s'il y a une éventuelle réaction cutanée) 
- n'appliquez jamais d'HE pures sur les yeux, le nez, le conduit auditif, les zones ano-génitales 
- en cas d'absorption ou d'instillation accidentelle d'HE, ingérez ou appliquez une huile grasse pour diluer l'H.E.C.T. (olive, tournesol) puis adressez-vous au centre antipoison 
- les HE ne sont pas adaptées aux personnes souffrant d’épilepsie 
- se renseigner auprès d'un pédiatre en ce qui concerne l'utilisation d'HE pour les enfants en bas âge.